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Brun    

8 Avril 2012

 

 
Avent-Event de Brun

De 1982 à 1988, nous étions en pleine guerre de la « Première » Il y avait presqu’autant de belligérants que de plongeurs souterrains. C’était le temps de l’espionnage et de la suspicion. Le jeu consistait à glaner des informations sur une toute récente exploration pour y aller la semaine suivante sans se soucier qu’une équipe était déjà sur le coup. Les grands noms de la plongée souterraine (Leguen, Touloum, Penez, Pogia…) se marchaient ainsi dessus sans état d’âme.
Cette guéguerre a engendré une rétention d’information très stricte ce qui a eu comme conséquence la perte d’informations importantes. L’avent-Event de Brun fait partie des dommages collatéraux de la guerre de la « Première ». L’historique des explorations de Brun n’a jamais été écrite et les souvenirs se sont peu à peu estompés.
Néanmoins, c’est bien le CRPS qui a exploré en première,
·         Le S1 de Brun (100 m -20) situé à quelque 300 mètres de l’entrée
·         Le S2 situé à 600 m du S1 (60 m -5), franchi par Vincent Douchet et Richard Jamin.
·         Le S2 bis situé à 350 m du S1 (360 m -10) franchi par Marc Douchet. Arrêt à la base d’une faille, branche de la jonction avec l’Event de Bez.

 Nous en étions là quand les spéléos du Vigan ont repris les explorations du réseau avec pompage du S1. C’est ainsi qu’ils ont réalisé de belles premières surtout en plafond. Ils ont réussi par des réseaux supérieurs à shunter le S2, découvrant ainsi une banane à carbure laissée par Vincent dans les années 80.
En 2009 ou 2010, les mêmes spéléos ont invité Philippe Bertochio à venir plonger le S3, derrière il a entamé une escalade engagée. Dans le haut de la salle il a trouvé après une série de passages étroits et pas évidents une grande galerie supérieure qui suit la faille principale N/S. Il s’était arrêté quelque 400 m plus loin.

2011
Début 2011, une exploration de reconnaissance est allée jusqu’au S3, histoire de mesurer les besoins en temps et en matériel pour aller au fond, dans l’idée de pousser un peu plus loin pendant l’été afin de comprendre pourquoi Vincent n’avait pas poursuivi les explorations des siphons terminaux. En aout 2011, une équipe de 4 plongeurs du CRPS : Michel G, Patrick Bolagno, Marc Renaud et Marc Douchet se sont retrouvé post-S3.

Dans les pas de Bertochio, ils ont plongé le S4, exploré tous les départs peu prometteurs de la zone sans grand succès, puis ils ont entrepris l’escalade, Michel en tête naturellement. Arrivé au terminus de Philipe B. les gais lurons ont courus dans une galerie assez basse (souvent 1,5m de hauteur pour 8 à 15 m de large). Au bout de 400 ou 500 m la galerie change d’aspect, sur notre droite un actif s’enfile sous le chaos de dalles. Apres une trentaine de mètres entre des blocs recouverts de glaise nous nous étions arrêtés au sommet d’un puits d’une quinzaine de mètres. Il ne restait plus qu’à voir une escalade boueuse (l’escalade de la mort qui tue) Michel s’en est bien sorti, Bobo a un peu peiné, mais pour les 2 Marc ce fut une rude épreuve.

En changeant d’étage nous avions retrouvé des traces d’actifs temporaires et une grande galerie développée au profit de la faille principale (8/10 m de large quelques mètres de haut). A droite nous avions exploré un puits de 7/8 m de profondeur avec des traces d’actif pérenne sans suite pénétrable. En suivant la faille, nous avons encore avancé sur 2/300 m. La faille perdait en largeur mais gagnait en hauteur pour devenir étroite et difficile à pénétrer.
2012
A pâques 2012, retour à Brun dans le but de lever la topographie de la première de 2011, et accessoirement de descendre le puits vierge de 15 m.
Vers 10 h 30 nous sommes 7 devant l’Aven prêts à en découdre : Bobo, Kiki, Richard, Maxime, Michel G, Marc R et Marc D.

La progression jusqu’au S1 s’effectue sans anicroche. Premier incident, notre Kiki casse son masque, je suis désigné volontaire pour repasser le S1 et lui amener un masque de secours. La progression jusqu’au S2 est fastidieuse avec nos bi-4. Rééquipement en cordelette du S2 : RAS. Le cheminement entre S2 et S3 n’est pas long mais il est très pénible, une escalade tout harnaché et un passage boueux pas engageant nous fait suer à grosses gouttes. Le S3 est lui aussi rééquipé en cordelette. 1, 2, 3, 4, 5… plongeurs l’ont franchi. C’est l’heure du premier casse-croute : au menu, saucisson, bacon, Babybel, chocolat. Il manque encore 2 plongeurs qui se font désirer. Enfin une lumière perce la vasque spécialement colorée « caca d’oie » par les premiers arrivés. C’est Michel, et il est seul, il nous explique que Richard a eu des ennuis avec un détendeur, qu’une de ses bouteilles est presque vide et qu’il a préféré rebrousser chemin. Nous pestons contre cet incident qui va condamner Richard à une longue attente solitaire dans le froid.

Une fois repus et délestés de nos charges nous nous partageons les tâches : Michel fait la topo, tous les autres filent pour équiper l’escalade du fond et descendre le puits.
« Oh, oh, oh ! Calmez-vous », aboie Michel, il me faut de l’aide. Nous sommes tous d’accord pour que Marc la Tapette soit de corvée pour l’accompagner. Les équipes étant faites, nous nous attaquons illico à la première escalade, certes équipée d’une corde mais, à une exception près, nous n’avons pas d’agrées. Chaud, trop chaud ! « Même pas peur ! ». Nous arrivons rapidement dans la grande galerie.  D’après Bobo il faut se baisser qu’une fois, d’après Max, une fois ! Oui ! Mais sans jamais se relever. A notre arrivée au sommet du puits, une surprise nous attend : il est équipé d’une corde, d’autres sont venus et nous ont devancés. Notre ardeur perd de sa vigueur à l’instant. Qu’à cela ne tienne notre but aujourd’hui c’est surtout la topo. Pour faciliter ce travail rébarbatif, nous équipons l’escalade boueuse, et poussons la reconnaissance sans but particulier jusqu’au départ de la faille étroite. N’ayant plus de raison particulière à rester ici nous rebroussons chemin à la rencontre de l’équipe topo. Nous rencontrons une équipe hétéroclite : un soldat dynamique et un endormi (qui est qui ?). Nous faisons un rapide point sur la suite à donner de notre expé. Michel insiste pour faire la topo jusqu’au bout, même si à ce moment nous ne sommes pas encore au tiers de la course. Savoir Richard coincé entre 2 siphons nous chagrine, aussi nous décidons de scinder l’équipe en 2 : l’équipe topo s’enrichit de Bobo, et les 3 entament le chemin du retour en espérant que Richard ne soit pas frigorifié.
  
Nous retrouvons Richard devant le S1, l’heure pour nous de mettre en commun nos ressources en gaz pour que tout le monde puisse passer le S1 en toute sécurité. Nous arrivons aux voitures un peu après 21 h 30, soit 11 h sous terre. Nous attendons l’équipe topo au chaud et au sec jusqu’à 23 h. Ils ont levé la topo jusqu’à ce que la faille soit si étroite qu’elle interdit tout passage humain, chemin faisant ils ont découvert une galerie nouvelle d’une centaine de mètres.

Reste à mettre au propre les relevés.

Participants 2011 et 2012 :
Patrick Bolagno, Hervé Chauvez, Marc et Max Douchet, Michel Guis, Maxence Fouilleul, Richard Jamin, Jeremy Prieur-Drevon, Christrian Moré et Marc Renaud